Une semaine autour de Devero en Février 2012 avec le GUMS
Le voyage
Ca y est , les vacances arrivent. José a tout organisé pour ce stage perfectionnement en Italie.
Départ prévu vendredi après midi 15h pétantes gare RER Orsay pour la première voiture composée de José, Thomas, Romain et moi. Comme je travaille à côté de la gare, José doit passer me prendre avec mes sacs et skis juste avant. A 15h, je regarde ma montre en pleine discussion avec les collègues, je suis en retard et m'éclipse pour enfiler T-shirt, polaire et chaussures de rando. Le téléphone sonne, c'est Thomas que José doit récupérer avant moi, José est en retard tout comme moi. Pendant ce temps Romain en retard lui aussi s'active entre les RER pour tenter de rejoindre Orsay. C'est vers 15h30 que tout est finalement chargé et nous partons direction le F1 de Besançon que nous atteindrons en soirée après quelques manoeuvres peut être non autorisées dans Besançon. Soirée pizza dans la chambre du F1 avec préparation de la course du lendemain. Bulletin nivo peu encourageant, en gros prudence, des pièges vous guettent sur toutes les orientations !! On part quand même de bonne heure Samedi pour l'ascension du Grammont, petite course pour profiter du beau temps avec vue sur le lac (devinez lequel). Sortie cool car je suis un peu fatiguée et d'ailleurs le petit déjeuner à Pontarlier sera vraiment cool car je ne suis pas la seule à vouloir commencer en douceur. Première sortie printanière après les grands froids de l'hiver. Mais après une petite route bien ensoleillée, nous retrouvons les frimas de l'hiver à Tanay, petit village lové au creux des montagnes qui ne doit pas voir le soleil de tout l'hiver. Nous retrouvons le soleil, apercevons les Cornettes de bises et traçons vers le Grammont. Bizarrement aucune trace sur ce que nous pensions être une classique. Arrivés à un petit col, une traversée paraît bien douteuse. La vue n'est pas très bonne du col, mais on voit le lac partiellement et d'ailleurs on l 'a déjà bien vu puisqu'on l'a longé avec la voiture, donc inutile de continuer d'autant que la descente en neige croutée ne s 'annonce pas grandiose. Position descente pour rejoindre la voiture et passage en Italie dans la soirée. Une voiture italienne nous colle aux fesses dans la montée sur Devero c'est Pietro avec Bruno, Sabrina et Sam. Dernière ligne droite à pied avec tous les bagages et voici le refuge. Il fait bon et le diner nous attend ainsi que Marie, Stéphane et Simon, le plus jeune des stagiaires puisqu'il n'a que quelques mois.
Dimanche, vrai début du stage.
Le lieu, l'Alpe Devero près de la frontière Italie-Suisse entre moyenne montagne et sommets plus alpins au nord. Un petit plateau de ski de fond, des itinéraires pour raquettes visitant les alentours dont le lago Devero et un télésiège ouvert uniquement le week end. Le refuge CAI dans lequel nous logeons, en dehors du village, avec des chambres mais pour nous un magnifique dortoir doté d 'un poêle et de 3 rangées de fils à linge courant sur toute la longueur assurant une ambiance « chaussettes » la nuit, une grande salle commune confortable et un accueil excellent . Première course, temps médiocre annoncé et effectivement, il ne fait pas trop beau. Après une journée de voyage , une course tranquille s'impose. On se sépare en deux groupes emmenés par Sam et José. Montée effectivement bien tranquille, une dernière pente bien gelée pose quelques problèmes. Certains mettent les couteaux, les autres finissent à pied et nous voici au sommet. Un groupe peu nombreux nous a précédé mais nous cède la place. Le pique nique sort des sacs. On profite de notre premier sommet lorsque soudain les arbres plus bas se mettent à bouger et il en sort de longues files de skieurs. On se croirait en Suisse, mais non c'est simplement Dimanche en Italie sur un sommet facile et proche d'un parking. La pente terminale est prise d'assaut par des collectives du CAI et comme la neige est gelée en haut nous avons droit à quelques belles démonstration de glissades. A notre tour de libérer le sommet, une petite remontée vers un col pour profiter de notre première sortie. Coïncidence, l'autre groupe fait de même et c'est presque tous ensemble que nous rejoignons le refuge. C'est le week end et il y a du monde dans les montagnes mais aussi au refuge l'après midi. En soirée, le refuge retrouve sa tranquillité. Le beau temps revient le Lundi et restera avec nous jusqu'à la fin du stage. Les italiens sont retournés travailler et nous voilà seuls aussi bien au refuge que dans les montagnes. Les premières journées sont fraiches et les pentes de certaines classiques du weekend bien gelées en début de semaine avant de se ramollir avec l'arrivée de la chaleur, mais en altitude on trouve encore de la neige fraiche et des traces à faire. C'est vrai qu'on est seulement en Février et que les courses d'altitude se font traditionnellement plus tard en saison.
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Lago dei Sabbione depuis l'Arbola |
Organisation oblige, on s'est réparti en deux groupes pour ne pas se retrouver tous sur le même itinéraire et chaque soir chaque groupe vante sa course à l'autre groupe. On fait en gros les mêmes, mais les impressions sont différentes. Le groupe ayant tracé est généralement assez enthousiaste, alors que le groupe qui répète la course est souvent un peu déçu. La descente est déjà tracée, la neige a travaillé et surtout les descriptions sont peut être un peu surfaites. Et manifestement un groupe est plus exigeant que l'autre sur la qualité de la neige car tous les soirs le groupeJ a trouvé la neige de la journée très moyenne, alors que le groupeS l'a trouvé plutôt bonne. Enfin presque car certains jours un peu chauds, les 10 cm de neige accrochée sous chaque ski ont rendu la montée pénible pour ceux ou celles du groupeS n'ayant pas de fart magique spécial peaux et le passage des skis aux crampons n'a rien résolu. Mais chaque jour ouvré, des sommets ont été atteints à skis ou en crampons, après des remontées de couloirs, des passages de barres ou des parcours d'arêtes. Rien n'a arrêté les valeureux stagiaires. Même les sommets avec des doubles noms « Schinhorn ou Valdeserta, Ofenhorn ou Arbola » n'ont pas réussi à semer le doute. La récompense sur les plus hauts d'entre eux, des panoramas à 360° : Partant de la vallée du Rhône cachée tout en bas vers l' ouest, l'Oberland en entier se dresse plus au nord, du Bietschhorn au Finsteraarhorn et Rosenhorn en passant par la Jungfrau, puis on se tourne vers les sources du Rhône avec le Dammastock et au loin vers l'est peut être la Bernina suivie d'autres montagnes pour finir au sud sous le soleil avec le Mont Rose entouré des autres sommets du Valais. Et bien sur ultime récompense, le pique nique au sommet chaque jour, chose rare pour moi.
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L'Oberland depuis le Gross Schinhorn |
Bilan
C'était un stage de perfectionnement et il faisait beau, nous avons pris le temps de sortir les cartes, identifier les passages, faire des exercices. Un groupe a fait sortir de la neige un igloo sibérien, l'autre pour ne pas être en reste s'est attaqué aux icebergs des lacs italiens.
On retiendra de ce séjour, le primo piatto avec les pasta, minestrone ou gnocchi bien sur mais aussi les chocolats chauds particulièrement épais, la crostata en dessert pour la partie gastronomique, également les petites phrases du jour du style « sur la bouse ca glisse bien » dans une descente sur un chemin peu enneigé, la sagesse de Simon dans les bras de tonton Sam, le minimarket de Devero fermé le Mardi mais qui ouvrira quand même spécialement pour nous et la gentillesse et la compétence montagnarde de Michele le gardien du refuge et de nos resp.
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Le 270° depuis l'Arbola |
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